Comment ça commence, Mars 2018

Publié le par Petite ombre

« Maman, maman, j’ai fait une grosse bêtise… »

Elsa ferma les yeux pour éviter de s’énerver avant de n’avoir entendu la suite des explications de son fils, à deux minutes du départ pour l’école.

Elle se tourna alors vers Florian qui était trempé…

« Mais qu’est ce que tu as fichu bon sang ? »

Le garçon baissa la tête et murmura :

« J’ai renversé mon gobelet d’eau en voulant rincer mes dents. Mais Clara était à côté de moi et elle me faisait rire exprès… »

En soi la bêtise n’étais pas si énorme que cela, mais depuis le fameux jour où Elsa avait perdu son médaillon sans avoir réussi à le retrouver, elle perdait facilement patience, et pouvait se fâcher très vite et pour n’importe quoi. Elle s’en voulait, mais c’était plus fort qu’elle. Elsa était tellement triste et en colère de ne plus avoir ce bijou autour du cou. Elle avait même eu une grosse dispute avec Marc à ce sujet, et ils étaient d’ailleurs encore un peu en froid. La tension était donc palpable dans la maison et Florian l’avait très bien compris du haut de ses 9 ans. Lui même avait un pincement au cœur pour ce fâcheux incident.

Elsa souffla un grand coup et lui ordonna trop sèchement de remonter se changer et de se dépêcher s’il ne voulait pas arriver en retard à l’école.

-« Mais maman, il y a de l’eau par terre aussi… »

-« Ahhhh Florian bordel ! Tanpis je ramasserais plus tard » et elle poussa de la main son enfant pour qu’il monte sans plus attendre, elle décida même de l’accompagner et laissa en plan la vaisselle qu’elle chargeait dans le lave-vaisselle, comme elle le faisait chaque matin afin de partir et d’avoir une maison nette pour leur retour.

Elle prit le premier pull qui lui tombait sous la main et le tendit à son fils qui avait déjà enlevé celui qui était mouillé.

C’est alors que du coin de l’œil, Elsa s’aperçut que la petite Clara s’amusait à mettre le bout de ses chaussettes dans la petite flaque qui trônait près du lavabo dans la salle de bain.

« Clara, mais à quoi tu joues ? »

D’ordinaire, la fillette était une enfant facile et très calme, elle n’aurait jamais eu l’idée d’aller tremper ses pieds dans de l’eau, les bêtises étaient très rares venant de sa part .

Voilà qu’il allait falloir trouver une nouvelle paire de chaussettes pour Clara et lui enfiler car, seule, elle prendrait trop de temps et justement ils n’en avaient plus.

La journée commençait très mal et tout allait de travers depuis plusieurs jours de toute manière. Elsa avait l’esprit constamment ailleurs et c’est toute la maisonnée qui en subissait les conséquences. Cela l’irritait d’autant plus car elle se rendit alors compte sa famille pesait alors bien lourd sur ses épaules, elle était le pilier qui maintenait toute l’organisation et l’ambiance. Marc était trop jaloux et con pour essayer de la calmer face à la perte de ce bijou, cela ne lui ressemblait pas.

C’est comme si tout le monde avait brusquement changé de personnalité, comme si l’équilibre habituel n’était plus en place juste parce qu’il manquait un petit objet à sa place !

Ses vieux démons refaisaient peu à peu surface, le passé lui remontait en plein visage bien trop souvent à son goût. De vieux sentiments resurgissaient  et au fond d’elle même, Elsa savait que sa petite vie tranquille, allait être bien plus bouleversée que cela. Elle ne savait dire pourquoi ni quand mais elle le sentait. La perte du médaillon était un signe.

Finalement, ce n’est qu’avec quelques minutes de retard que les enfants arrivèrent à l’école. Elsa fonça alors à la salle des fêtes où elle était attendue pour aider les autres parents de l’association des parents d’élèves à préparer les lieux pour le goûter de Noël qui auraient lieu le soir même.

Alors qu’elle déchargeait sa voiture, de l’autre côté de la rue, dans une voiture aux vitres tintées, quelqu’un d’immobile l’observait attentivement. Un rictus se dessina sur son visage quand il fût sûr d’avoir repéré enfin la bonne personne. D’un geste excessif il referma violemment un médaillon, le même qu’Elsa avait perdu, mais qui n’était pas le sien.

L’homme s’adressa alors pour lui-même :

« Eh bien mon Julien, aurais-je trouvé la faille ? Je commence à comprendre pourquoi tu tenais tant à retrouver ce bijou ! »

 

 

C'était ma participation pour le mois de mars au projet d'écriture chez Ago !!! Vous pouvez retrouver les deux premiers chapitres ici puis ici.

 

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