Comment ça commence ? Février 2016

Publié le par Petite ombre

Comment ça commence ? Février 2016

Lorsqu’elle referma sa valise, elle était persuadée que sa vie allait changer .Ce qu’elle ignorait c’est qu’on l’observait…

L’air était doux et elle avait laissé la fenêtre ouverte, laissant le rideau onduler au gré des petites brises de vent. Elle était tellement perdue dans ses pensées, à essayer de trouver une seule raison valable qui pourrait essayer de ternir sa décision, qu’elle ne vit pas que cette fenêtre ouverte, laissait des yeux indiscrets pénétrer dans sa chambre de jeune fille au pair chez les Callagay.

Adam, qui avait voulu profiter du soleil printanier, s’était dirigé vers le salon de jardin pour y travailler un peu, un livre sous le bras. C’est en suivant du regard le vol d’un oiseau qu’il s’était rendu compte qu’Anna était occupée dans sa chambre. Il s’était alors arrêté et ne pût s’empêcher de la regarder.

C’était sa femme qui l’avait engagé pour s’occuper des jumeaux. Au départ, il n’avait pas été très enthousiaste par cette idée de jeune fille au pair, mais très vite il avait apprécié cette jeune fille. C’était une jolie bouffée d’air jovial qui s’était installé chez eux, il y avait de cela deux ans et demi maintenant. Elle était merveilleuse avec Tom et Cynthia. Ils allaient tous regretter son départ, lui en particulier, même s’il ne l’avouerait jamais à personne et surtout pas à son épouse ni même à Anna. Il avait bien essayé de dissuader la jeune fille de ne pas s’en aller, il avait pris pour excuse le chagrin qu’elle causerait aux enfants mais rien n’y avait fait. Elle était amoureuse de ce jeune type et elle était sur le point de partir le rejoindre en Australie pour y partager sa vie, abandonnant ses études et son travail qui semblait lui procurer beaucoup de satisfaction et remplir le vide d’une famille qu’elle n’avait jamais eu. Tout avait été si brutal, si rapide. Elle avait rencontré Kévin lors de ses cours de dessin du samedi, et au bout de six mois de relation, qu’elle avait caché à tous, elle avait annoncé qu’elle avait décidé de le suivre au bout du monde, prétendant que c’était l’homme de sa vie et que plus rien d’autre ne comptait pour elle, hormis cet Australien qui devait repartir sur son continent, là où l’attendait ses obligations qu’il avait momentanément mis de côté pour son année sabbatique à Londres, où il avait fini par rencontrer Anna.

Cela faisait un mois qu’il était reparti et il avait réussi à convaincre la douce Anna de le rejoindre. Que lui avait-il dit ?Avait-il promis mont et merveilles ? Avait-il su trouver les mots d’amour juste qui avait fait fondre la jeune fille ?Ou tout simplement se manquaient-ils l’un l’autre réellement ?

Anna vérifia de nouveau tous les placards et tiroirs pour être sûre de n’avoir rien oublié. Elle était si impatiente maintenant de rejoindre Kevin ! Une vie extraordinaire l’attendait là-bas, au pays des kangourous comme elle aimait le dire en riant pour taquiner son amoureux. La vie était si imprévisible parfois ! Si on lui avait raconté ce qu’elle s’apprêtait à faire, il y a six mois de cela, elle n’en aurait pas crû un seul mot. Elle, que la vie n’avait pas épargné jusqu’ici depuis son enfance où elle avait perdu ses parents.

Mais les faits étaient là, elle allait effectivement tout quitter pour cet homme, quitter ce qu’elle avait réussi à construire autour d’elle avec beaucoup d’effort. Cela avait été un véritable coup de foudre pour tous les deux. Plus rien n’avait d’importance que d’être à côté de lui. Elle pouvait très bien reprendre des études là-bas. Elle n’avait plus forcément besoin de travailler pour payer ses études, Kévin l’avait demandé en mariage et il lui avait dit qu’il pouvait très facilement subvenir à leurs besoins, étant fils d’un gros PDG, lui-même ayant un poste assez important dans l’entreprise familiale. C’est vrai que cela l’avait un peu effrayée au départ, la vie lui avait appris à se méfier de tout, surtout des choses qui venaient trop facilement, mais elle sentait au fond d’elle que ce garçon était sincère et qu’il l’aimait et tenait à elle, comme personne d’autre avant. Non rien ne pouvait l’empêcher de filer vivre son histoire d’amour, même si elle s’était beaucoup attaché aux Callagay qui avaient été les seuls à lui faire confiance dans sa vie.

Anna eut un sursaut quand elle se retourna et découvrit qu’Adam était à sa fenêtre.

  • Excuse-moi, je ne voulais pas t’effrayer. Je ne comptais même pas avancer jusque ta fenêtre, je l’ai fait sans m’en rendre compte.

Une main sur le cœur, Anna soupira.

  • Ce n‘est rien, je croyais être seule cet après-midi, c’est pour cela que j’ai été surprise.

Ils restèrent à se regarder, gênés, ne sachant que dire de plus l’un et l’autre. C’est Adam qui finit par briser le silence.

  • Alors, c’est décidé pour de bon ? Tu pars ce soir ? Es-tu sûre de toi ? Tu nous donneras de tes nouvelles à ton arrivée ? Les jumeaux sont tellement tristes ! Ils ont eu du mal à te quitter et te dire au revoir tout à l’heure.
  • Oui, je suis désolée, mais j’aime Kévin, ma vie est avec et auprès de lui maintenant ! D’ailleurs, puisque vous êtes là, je vais vous donner ce que Tom a oublié de reprendre, il m’avait demandé de recoudre une patte de son doudou.

Tout en disant cela elle attrapa la peluche et le tendit à Adam mais sans avancer. Celui-ci enjamba alors la fenêtre, alors qu’en tendant un peu plus le bras il aurait très bien pu l’attraper du dehors. Il avait fait cela sans trop réfléchir.

Anna n’eut même pas le temps d’être surprise, en attrapant le doudou, leurs doigts se touchèrent une brève seconde et ils reçurent chacun comme une petite décharge électrique ce qui les fit rire instinctivement en même temps qu’ils secouaient leurs mains pour effacer la douleur.

Puis d’un seul coup, d’un même élan incontrôlable, ils se jetèrent l’un sur l’autre, pris d’une pulsion trop violente, incompréhensible et tout aussi inattendue. Leurs bouches ne firent plus qu’une, il glissa ses mains sous la jupe d’Anna, elle ne protesta pas car en même temps elle avait poser les siennes sur la chemise d’Adam qu’elle ouvrit d’un coup sec en faisant voler en tout sens les boutons, afin de pouvoir sentir le contact de sa peau.

Il la souleva après avoir à son tour déchiré la culotte de la jeune fille. Alors qu’il la déposait sur le lit, elle ouvrait déjà la ceinture de son partenaire et déboutonna son jeans. D’un même élan, il avait retiré le reste de sa chemise et le T-shirt d’Anna sous lequel elle ne portait même pas de soutien gorge. Penché sur elle, il lui donna des coups de reins brutaux auxquels elle répondait en se cambrant un peu plus à chaque fois. Elle avait enroulé ses bras autour du cou de son amant afin de mieux recevoir ses assauts et ils se laissèrent entraîner tous les deux dans les limbes du plaisir puissant.

Il s’écroula sur elle, complètement en sueur et à bout de souffle, son visage entre les deux seins de la jeune fille qui tremblait encore de plaisir et qui resserra son étreinte pour savourer encore un peu les derniers effets de leur ébat. Aucun des deux amants n’avait réfléchi une seule seconde, incapable de comprendre et de contrôler leurs propres corps. Ils s’étaient simplement dit au revoir, ils le savaient tous les deux. Sans attendre rien d’autre par la suite et sans qu’il n’y avait jamais rien eu entre eux auparavant.

La valise gisait par terre, littéralement retournée, elle avait dû être mal fermée. Anna, en la voyant, repensa à quel point elle était persuadée que sa vie allait changer lorsqu’elle l’avait fermé. Cela la fit sourire mais cette fois-ci elle constata avec horreur que de nouveau on l’observait par la fenêtre restée ouverte.

Oui, sa vie allait radicalement changé, à cause d’une simple fenêtre ouverte à deux reprises !

Seulement, sa vie prendrait un tout autre sens à celui qu’elle voulait.

Dehors, une femme était restée figée avec un paquet cadeau dans les mains. Son visage était blême et son regard dur. Quand les yeux des deux femmes se croisèrent, Madame Callagay fit demi tour sèchement, aussi droite qu’un piquet alors qu’une colère immense devait l’envahir et lui intimer de venir gifler méchamment ses deux sombres âmes perverties.

Elle avait eu envie, simplement, de faire une surprise à Anna avant son départ, mais c’est elle qui venait d’en recevoir une bonne !

Le portable d’Anna se mit à vibrer en même temps qu’un BIP sonore se répétait dans les enceintes de son ordinateur. Une violente nausée submergea la jeune fille lorsqu’elle comprit sans s’en rendre compte encore.

Une autre fenêtre était restée ouverte, laissant aussi quelqu’un d’autre, spectateur de la scène.

Un peu plus d’une heure avant, elle avait précipitamment éteint l’écran de son ordinateur lorsque les jumeaux étaient rentrés en grand fracas dans sa chambre pour lui dire au revoir une dernière fois avant de retourner à l’école. Elle ne se souvenait que maintenant qu’elle avait ensuite oublié de déconnecter sa conversation vidéo avec son fiancé. Elle avait éteint cet écran par pur réflexe comme elle le faisait si souvent à l’époque où elle cachait encore sa liaison et qu’elle ne souhaitait pas éveiller la curiosité des enfants qui se seraient immédiatement empressés de lui poser des tas de questions sur ce qu’ils auraient pu apercevoir du jeune homme à l’écran.

Cette habitude lui fit bien du tort en ce début d’après-midi où, mortifiée, elle se leva en poussant Adam qui ne s’était encore aperçu de rien tellement tout c’était rapidement enchainé. Ne prenant même pas la peine de cacher sa nudité, trop abasourdie, elle ralluma l’écran, complètement fébrile et vit apparaître le visage rouge de fureur et le regard noir de son fiancé.

A l’autre bout du monde, Kévin n’avait pas non plus coupé la conversation, pensant que sa fiancée reviendrait vite. Il avait fini par aller se doucher et à son retour, en voulant éteindre, il s’était aperçu qu’Anna était occupée de faire sa valise. Amusé par l’étourderie de sa bien-aimée, et toujours aussi captivé dès qu’il l’avait sous les yeux, il l’avait observé, amusé, à son insu, en souriant et en essayant de savoir à quoi elle pouvait bien penser avec son air si heureux face à ses valises. Il était donc resté ainsi silencieux à observer sa future épouse, ravi de pouvoir être une petite souris à l’observer. Cependant ce qu’il vit ensuite lui apparut comme un cauchemar éveillé. Il était entré dans une colère noire et il avait alors enfin manifesté sa présence en même temps qu’il composait le numéro de téléphone d’Anna.

La jeune fille pleura et supplia beaucoup, se haïssant elle-même pour ce qu’elle venait de commettre et qui n’était absolument pas du tout prémédité, cela ne lui aurait même jamais traversé l’esprit de faire une telle chose.

Elle repartit ce jour-là avec ses larmes, ses valises, un billet d’avion qui avait été annulé comme tous les beaux projets qui l’attendaient. Elle avait tout perdu bêtement et elle tapa de rage dans un caillou quand elle pensa de nouveau que sa vie allait bel et bien changer comme elle en avait été si persuadée quelques heures avant.

Elle était seule, sans emploi, sans famille, radiée de la Fac, sans toit, sans rien… Elle avança dans la rue comme une automate, sans savoir où aller, le cœur brisé par elle-même et sachant qu’il serait vain d’essayer de raisonner quiconque dans cette histoire. Elle savait qu’elle ne devait rien attendre d’Adam, même pas un faible soutien, les paroles de sa femme avait tonné dans la maison. Il lui paierait cher cet affront mais il était hors de question que quelqu’un apprenne cela et que leur mariage en soit remis en question. Le divorce n’étant pas envisagé dans les mœurs de sa famille. Madame Callagay sauverait les apparences mais promit à Anna de faire de sa vie un enfer si elle osait se manifester ne serait-ce qu’une fois auprès d’eux, elle devait purement et simplement quitter la ville, peu importe si son fiancé l’avait lui aussi rejeté, cette salope de garce qui l’avait bien eu sous ses airs d’innocente, certainement appâtée par son argent, comme il l’avait craché à la figure de la jeune fille.

Sa vie avait volé en morceaux, elle devrait apprendre à faire face à ses actes qu’elle ne pouvait absolument pas nier, prise sur le fait, elle serait trop naïve de croire qu’une telle erreur pouvait être excusée et pardonnée.

Une erreur de taille, puisqu’au fond de ses entrailles, elle avait mal, mais surtout, sans encore le savoir, elle abriterait une petite vie qui ne ferait que l’enfoncer un peu plus dans l’enfer de la sienne.

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C'était ma participation au projet d'écriture d'Agoaye. Tout est expliqué ici, et en deux mots, la miss nous donne une phrase d'accroche (celle qui était en italique dans mon écrit) et à nous d'écrire la suite....

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Agoaye 03/01/2017 17:41

Eh bien eh bien, je ne m'attendais pas à ça du tout.
Fabuleux jeu de mise en abîme, j'aime beaucoup.

Petite ombre 04/01/2017 13:08

ton commentaire m'a fait relire mon écrit! j'avais été particulièrement fière de ce premier chapitre!

Mamanaufoyeah 25/02/2016 21:16

Je lis toutes les histoires alors je passe par chez toi!!!
Ton histoire esr captivante!!!

Au plaisir!

Petite ombre 27/02/2016 14:59

Merci de ton passage alors !!
Moi aussi je lis toutes les histoires, je vais d'ailleurs aller lire celles qui se sont ajoutées ces derniers jours

douniajoy 22/02/2016 00:50

bravoooooooooo !!!! j'ai été captivée du début à la fin ! magnifique participation !

Petite ombre 23/02/2016 15:04

Merci beaucoup, ça fait très plaisir de recevoir ce genre de commentaire.

Céline Bricabrac 21/02/2016 21:49

Ton histoire est génial et la fin est loin de l'angélisme du début. bravo, toi aussi tu as une belle plume et de l'inspiration !

Petite ombre 23/02/2016 15:03

Merci beaucoup.

marie kléber 17/02/2016 10:22

C'est très réussi. Au milieu du texte, on se dit que tout va encore bien, qu'il ne s'agit que d'un aurevoir sans conséquence. Comme quoi la vie peut basculer à tout instant, sans qu'on ne puisse rien y faire.
Bravo.

Petite ombre 18/02/2016 16:42

Merci beaucoup, ça me fait plaisir d'avoir un avis si chaleureux!

silvia 12/02/2016 12:42

Mais juste wahouw! quel talent, vraiment j'ai été captivée du début à la fin!!!

Bravo, tu es trop forte!

des bises

silvia

Petite ombre 12/02/2016 20:02

Merci ça fait plaisir