Comment ça commence ? Mars 2016

Publié le par Petite ombre

Comment ça commence ? Mars 2016

Pour la seconde fois, je participe à l'idée géniale d'Agoaye. Ma première participation est ici, et comme pour me lancer un défi à moi même je me suis mis une difficulté en plus (ce n'était pas du tout dans le règlement) et mon écrit de mars est une continuité de celui de février.

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Comment voulez-vous arriver à faire fonctionner cet appareil ? On dirait qu’il sortait tout droit d’un musée dédié à la mode des années 70. Anna soupira et du regard, fit le tour de la pièce où elle se trouvait. A vrai dire, tout ce qu’il y avait dans ce petit studio semblait sortir des années hippies, jusqu’au papier peint aux motifs floraux caractéristiques de cette époque, mais dont les couleurs avaient perdues de leur éclat depuis bien longtemps. Qui pourrait croire qu’elle vivait dans ce musée ?

Anna renonça à essayer d’allumer la radio, l’envie d’écouter un peu de musique lui sembla subitement totalement absurde et agaçante, tanpis si elle devait subir l’une des nombreuses disputes des voisins de la rue d’en face. L’homme reprochant à la moindre occasion à sa compagne son écart de conduite. Anna avait simplement voulu ne plus les entendre, tant sa propre situation lui faisait écho, à ceci près que celui qu’elle aimait ne l’avait pas gardé comme cet homme d’en face. Elle n’avait trouvé comme solution que de mettre de la musique pour couvrir cette énième dispute afin d’essayer de se calmer elle-même face à sa culpabilité et au souvenir douloureux de Kevin quand il lui avait hurlé sa rage d’être ainsi trompé et en mettant fin à leur histoire, sans lui laisser une autre petite chance.

Elle se sentait si abattue. Elle n’arrivait même plus à verser une seule larme tant elle avait pleuré ces derniers jours. Elle avait épuisé tous ses stocks de pleurs et le fait que plus rien ne sortait, ne faisait qu’accroître son mal être.

De nature optimiste, ces temps-ci, elle n’y arrivait plus non plus. Elle ne voulait même pas entendre que tout pouvait s’arranger, elle savait au fond d’elle-même que cela ne serait qu’un vain espoir.

Elle ne savait plus gérer ses émotions, cela la troublait énormément et l’enfonçait encore davantage dans le gouffre dans lequel elle avait chuté deux semaines plus tôt.

Durant les six premières nuits, elle avait puisé dans ses économies pour pouvoir dormir à l’hôtel, mais cela était trop coûteux et elle ne voulait pas se retrouver démunie financièrement trop vite, n’ayant plus d’emploi, plus d’avenir, plus de vie.

C’était par un très grand hasard qu’elle avait entendu un vieux couple se plaindre de ne pas trouver de locataire assez vite pour leur petit studio qu’ils louaient au dessus d’une vieille boutique qu’ils avaient fermés depuis quelques temps sans arriver à revendre leur fond de commerce, non pas qu’il n’y avait pas preneur, mais ayant toujours l’espoir que leur fils changerait d’avis et rouvrirait cette quincaillerie qui était si chère à leurs cœurs, c’était toute leur vie qu’ils ne pouvaient se résoudre à laisser à un pur inconnu.

Abandonnant son maigre panier de commission à l’endroit même où elle se trouvait dans le rayon des conserves, elle avait sans réfléchir accosté le vieux couple qui venait de prendre congé auprès de leur interlocuteur.

Au début la vieille dame avait pris son mari un peur fortement par le bras, comme si ce geste aurait pu la protéger de cette jeune fille qui pouvait très bien les agresser.

Mais très vite, Bernadette avait vu tout le désespoir dans les yeux de cette pauvre Anna. La jeune fille, consciente de passer pour une folle d’accoster ainsi ces personnes, leur avait tout de même prié de prendre son numéro de téléphone en les implorant presque de la rappeler, bien qu’elle doutait que cela ne se produise.

Deux jours plus tard, elle reçut contre toute attente ce fameux coup de fil. Bernadette et son mari Jean souhaitaient la rencontrer dans un café afin de se faire une meilleure opinion de la jeune fille qui avait un peu bouleversé Bernadette.

Malgré une réticence de Jean, Bernadette avait décidé de donner une chance à Anna et très vite elle l’avait amené dans ce studio meublé au dessus de la boutique. Anna avait pu de justesse payer le premier mois de loyer et la caution.

En entrant dans cet endroit, elle fût prise d’un vertige et eut un mouvement de recul que sa nouvelle propriétaire n’avait heureusement pas remarqué, trop occupée à lui prescrire les règles qu’elle donnait à chaque locataire et en expliquant qu’elle-même avait vécu ici avec son cher époux, les premiers mois de leur mariage avec le projet fou de faire prospérer le commerce qu’ils venaient d’acheter. Ce studio lui était donc cher au cœur et elle ne voulait rien y changer, le trouvant totalement accueillant et acceptable. Elle disait qu’il portait chance à chaque personne qui y vivait, elle en était la preuve, tout leur avait réussi dans la vie ensuite.

Anna essaya de s’accrocher à ses paroles bien qu’elle doutait de leur véracité. Elle comprenait pourquoi le vieux couple avait du mal à trouver un locataire, face au lieu et à toutes ces règle, elle ne voyait pas ce studio meublé de la même manière que Bernadette.

Cela sentait le vieux et le renfermé bien que tout semblât propre. Anna avait l’impression d’avoir traversé le temps jusqu’au passé. Elle s’était même demandé si ce studio respectait les règles légales de location mais au vu de sa situation, elle ne devait pas faire la fine bouche et remercier le ciel de cette opportunité dans son malheur.

Anna avait su trouvé les mots pour rassurer la vieille dame, lui promettant qu’elle faisait tout pour retrouver au plus vite un emploi. Contre toute attente, Bernadette avait fait preuve de compassion, sentant le désarroi d’Anna.

Anna se dirigea vers le coin salle de bain, peut-être qu’une bonne douche lui ferait du bien. Les tuyaux firent un bruit affreux au passage de l’eau qui resta désespérément froide, le chauffe-eau faisait encore des siennes. De toute manière rien ne voulait fonctionner correctement ici, Anna se prit la tête entre les mains et se laissa aller contre le mur le plus proche d’elle. Elle n’avait plus la force pour rien. Elle voulait hurler de rage mais tout resta dans le fond de sa gorge. Elle fit un bond quand, ce satané poste des années 70 se mit en route tout seul, comme pour la narguer. Elle eut cette impression affreuse que l’univers tout entier était ligué contre elle. Pourtant, il fallait continuer d’avancer jour après jour, elle n’en avait pas vraiment le choix, la Terre n’allait pas s’arrêter de tourner malgré ses soucis. Que pouvait-il lui arriver de pire ?

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Agoaye 03/01/2017 19:06

Oh làlà, du coup je sens qu'il va lui arriver un truc pire. (Mais non je ne suis pas pessimiste :))

Petite ombre 04/01/2017 13:13

A voir comment on estime le pire lol! Si tu as continué à lire, dis le moi!!

silvia 01/04/2016 11:58

J'aime beaucoup... je voudrai bien connaître la suite!
Des bises

silvia

Petite ombre 02/04/2016 10:33

J'attends l’amorce d'avril et j'essaierais de poursuivre!

la farfa 31/03/2016 23:23

il est sympa ton texte. Vivement la suite. :)

Petite ombre 02/04/2016 10:33

Merci

MyNameIsOr 30/03/2016 22:43

Ton texte est bien écrit ; j'adore ! ça montre bien qu'il faut oser dans la vie. Qui ne tente rien n'a rien. Bises.

Petite ombre 31/03/2016 14:24

Merci. Je ne me suis pourtant pas sentie très appliqué pour ce mois de mars, manque de temps et malade lol. Mais j'attends le suivant avec impatience