Comment ça commence ? Mai 2016

Publié le par Petite ombre

Comment ça commence ? Mai 2016

Il est tout frais, il est tout prêt à être lu... Voici le chapitre suivant des aventures des personnages qui ont commencé à prendre vie grâce au projet d'écriture lancé par Agoaye en février !!!

Si vous avez raté le début (concernant mes publications), je vous invite à venir rattraper votre retard par ici en premier, puis ici, et enfin par là...

J'avoue que j'ai un peu était perturbée par la phrase d'accroche, en italique dans mon écrit, car l'utilisation de la première personne et le fait de devoir inclure une maman (mon héroïne à perdu la sienne) ne m'aidait pas trop à coller une suite à mon histoire.... J'espère avoir bien su tourner la chose à mon avantage sans trop perturber le fil conducteur que je garde au fil des mois.

Bonne lecture !!

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Mais pourquoi diable avais-je mêlé ma mère à cette histoire ?

Cette question tournait en boucle dans l’esprit déjà torturé de Clara. Dans un grand moment de faiblesse, elle avait crû que se confier à sa mère aurait pu l’aider à essayer d’apaiser un peu sa colère et la déchirure de son âme, mais elle avait eu tort. Elle savait que sa mère n’était pas celle faite pour endosser un rôle de confidente pour sa fille. Elle l’avait littéralement prouvé quelques années auparavant quand Clara souffrait de son désir de grossesse non exaucé et devant être suivie en PMA. Sa mère ne comprenait rien à l’épreuve qu’elle vivait et pire était extrêmement maladroite, ce qui parfois enfonçait Clara un peu plus loin dans la solitude de la douleur. Croire qu’une écoute féminine aurait pu l’aider, n’avait été qu’une erreur. Clara avait aussi sans doute, inconsciemment, espéré pouvoir enfin établir un lien mère fille qu’elle n’avait jamais eu. Elle avait été élevé très strictement, dans le respect des règles pointilleuses et l’obéissance absolue, jusqu’à devoir vouvoyer sa mère, une pure et dure aristocrate guindée dépourvue d’amour simple, à défaut certainement de ne pas en avoir reçu elle-même dans son enfance.

L’éducation des enfants de cette famille était la même depuis des générations et des générations, sans qu’aucun enfant, devenu adulte, ne cherche à rompre ce modèle qui était la soit disant marque d’une excellente et irréprochable famille de riches respectés. Clara avait été la première à remettre en cause tout cela bien que certaines marques étaient bien ancrées en elle. Donner toujours une image de marque et être irréprochable. C’était pour cela qu’elle était très secrète et bien qu’elle soit entouré d’amis, elle était seule et ne pouvait jamais relâcher la pression ni cette étiquette d’aristocrate. Elle savait que c’était sa position et son argent qui avait constitué son entourage amical.

Son mariage avec Adam avait bien failli faire un scandale dans sa famille, il n’était pas assez bien pour épouser une Gwendal, il ne venait pas tout à fait du même rang qu’elle, mais apparemment c’était son statut professionnel, qui faisait de lui un jeune nouveau riche, qui lui avait fait marquer des points. Ce fût un très joli mariage d’amour qui fût célébré en grande pompe. Du moins c’est ce qu’avait crû Clara jusqu’à ce fameux jour où elle fût détrompée de ses certitudes.

Elle n’avait rien vu venir. Son cœur était en miette, elle avait réellement ressenti la déchirure violente et vive de ce dernier quand elle avait compris et vu de ses propres yeux, que celui qu’elle aimait, prenait apparemment du plaisir avec une autre femme, sous leur propre toit. Comble de la chose, c’était d’autant plus une humiliation que cette femme était la jeune fille qu’elle avait elle-même engagé pour l’aider dans l’éducation de ses enfants pendant qu’elle devait répondre aux exigences de son rôle de fille d’aristocrate et d’épouse bienveillante d’un mari à la tête d’une petite fortune. Elle avait voulu perpétuer cette habitude familiale transmise par ses parents, tout en donnant tout de même de l’amour aux jumeaux. Mais aujourd’hui, c’était l’amour qui lui explosait au visage.

Grâce, ou à cause, de l’éducation qu’elle avait reçu, selon les points de vue, elle avait su contenir ses émotions et ne pas faire de scandale de là où elle avait pris conscience de la trahison de son mari. Elle avait réglé l’affaire le plus discrètement possible alors que son cœur saignait à grands flots. Elle loua Dieu qu’Adam et cette écœurante fille firent profil très bas.

Elle ne leur avait pas laissé le choix. Seuls eux trois, serraient les détenteurs de l’effroyable vérité qui venait de l’anéantir. Et quand elle avait juré qu’elle détruirait la vie d’Anna si elle tentait de mettre au grand jour cette histoire ou bien même si elle tentait de s’approcher de son mari ou des enfants, elle savait de quelle cruauté elle était capable. La jeune fille et Adam l’avaient lu dans ses yeux et tout à chacun savait qu’on ne devait pas contrarier un Gwendal, même s’il s’agissait d’une femme. On ne brise en aucun cas la réputation de cette longue lignée, très à cheval sur les mœurs et l’image qu’elle souhaitait garder .Les brebis galeuses étaient vite cachées et oubliées, mise à l’écart aussi de tous les avantages de la richesse .

C’était la colère qui avait guidé Clara, plusieurs jours après sa découverte. Clara était en pleine ébullition intérieurement alors qu’elle vaquait à ses habitudes quotidiennes auprès d’autrui, le sourire toujours de façade.

Mais un matin, trop fatiguée de jouer un rôle qu’elle avait de plus en plus de mal à maintenir, ayant la nausée à chaque fois qu’elle apercevait son mari, elle avait subitement et gravement ressenti le besoin de partager son désarroi auprès de quelqu’un qui saurait garder le secret.

Elle avait porté son dévolu sur sa mère et non même pas sur sa sœur aînée, qui elle le ressentait, la détestait depuis sa naissance. Elle n’avait pas d’amie assez proche, sincère et fidèle.

Clara n’avait pas narré l’histoire dans sa totalité, pas idiote à ce point là, mais elle avait fait simplement croire qu’elle avait quelques soupçons. Au plus elle parlait à sa mère, au plus elle avait pris conscience de son erreur et avait même fini par dire qu’elle était en réalité très fatiguée ces derniers temps et qu’elle devait très certainement se faire des illusions complètement stupides là où il ne devrait pas y en avoir.

Sa mère avait plus ou moins avalé cette histoire bancale, mais elle fît une jolie et cassante morale à sa fille qui se devait de rester une bonne épouse pour ne pas pousser son mari dans de telle situation. La mère de Clara avait la réaction la plus opposée à celle dont la jeune femme avait besoin.

A présent, en plus de devoir souffrir seule et en silence, elle devait supporter les remarques de sa mère très contrariée que sa fille puisse ne pas être à la hauteur des Gwendal.

Clara ne savait plus comment surmonter l’épreuve. Elle devait se forcer à se lever le matin, à manger, à sourire. Elle n’avait même plus la force de pleurer tant elle avait versé de larmes en cachette la première nuit. La boule qui lui nouait la gorge ne faisait qu’accroître au fil des jours, au point de la faire suffoquer. Elle n’avait jamais autant souffert de sa vie et au fond d’elle, elle savait qu’elle ne s’en remettrait jamais et qu’à long terme, elle pourrait devenir très froide face aux sentiments pour ne plus revivre une telle épreuve.

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Agoaye 08/01/2017 17:12

Très intéressant ce changement de point de vue. Pour toi la phrase amorce de ce mois-ci tombait plutôt bien !

Petite ombre 09/01/2017 14:52

C'est plutôt ta phrase amorce qui m'a obligé à changer de point de vue, car j'avais dit que la mère d'Anna était morte... lol