Comment ça commence ? Juillet 2016

Publié le par Petite ombre

Comment ça commence ? Juillet 2016

Après sa chute, elle ne voyait plus aucune couleur, jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive en fait, que ses yeux s’étaient simplement posés sur l’antique télévision qui diffusait les images en noir et blanc.

Anna était complètement déboussolée et n’arrivait pas à remettre ses esprits en ordre, elle était totalement hébétée.

Un visage de vieille dame se mit devant elle, Anna leva les yeux vers elle pour mieux saisir le flot de paroles qu’elle déversait :

  • « Oh mon Dieu, ma pauvre Anna, quelle chute ! Ma petite, je vous avez bien dit de ne pas monter sur ce tabouret bancal. J’aurais du insister, tout cela pour une fichue ampoule. Anna, mon petit, parlez-moi, comment vous sentez-vous ? »
  • -« Euh… euh, quoi ? »

Puis d’un coup, une violente douleur aigüe lui arracha un petit cri. Anna porta une main vers la source de cet élancement, qui finit de lui faire recouvrir ses esprits.

-« Aie, mon poignet »

-« Ne bougez pas et surtout ne discutez pas, j’appelle les secours… C’était vraiment une très vilaine chute ! »

Anna n’eut pas le temps de protester, elle essaya de se lever pour rattraper sa logeuse, mais la tête lui tourna. Elle soupira et grimaça en même temps. Ses yeux se portèrent ensuite vers le fameux tabouret sur lequel elle était montée dans l’intention d’aider Bernadette qui avait besoin de quelqu’un de plus vaillant qu’elle pour changer l’ampoule au plafond, son mari étant absent jusqu’au lendemain.

Anna toujours généreuse et de nature bienfaisante, s’était naturellement proposée, ne voulant pas savoir Bernadette dans le noir pour la soirée. Elle lui était toujours reconnaissante de lui avoir fait confiance assez vite et de lui avoir permis de louer son studio au moment où elle en avait le plus besoin.

Une heure plus tard, Anna attendait, vêtue d’une blouse d’hôpital, que le médecin vienne l’examiner, les secours ayant jugé préférable qu’elle soit prise en charge pour une suspicion de poignet fracturé. Ce dernier la faisait atrocement souffrir et elle ne pouvait s’empêcher de penser que la vie était vraiment une belle garce avec elle ces derniers temps.

Quand le docteur fit enfin son apparition, il fut bref et rapide, à peine s’il toucha la jeune fille. Selon lui, ce n’était pas cassé mais pour être sûr de ne pas passer à côté d’une fêlure, Anna devait se rendre à la salle de radiographie.

Une infirmière vient la chercher et l’emmena sur un fauteuil roulant. En arrivant devant la porte qu’elle allait pousser de son pied, elle lui posa une question qu’elle posait toujours selon le protocole, mais la réaction de sa patiente lui fit froncer les sourcils et arrêter son geste… Anna avait machinalement posé la main sur son ventre sans toute fois répondre franchement à l’infirmière qui voulait savoir si il n’y avait pas un risque de grossesse.

-« Pourquoi demandez-vous cela ? », s’inquiéta Anna.

-« Les femmes enceintes ne sont jamais admises en salle de radiographie. »

-« Mais pourquoi ? Cela pose un souci ? »

L’infirmière faillit souffler d’agacement face à l’apparente ignorance de la jeune patiente.

-« Les rayons X sont dangereux pour les enfants dans l’utérus de leur mère ! Etes-vous enceinte oui ou non ? Car si c’est le cas, il faut impérativement le mentionner maintenant ! »

Au même moment, Anna fut prise d’une contraction, comme si son corps lui sommait de se dépêcher de dire la vérité. L’infirmière ne manqua pas d’apercevoir cette crampe et renonça à ouvrir la porte.

-« Très bien, je vois… Pas de radio pour vous alors ? »

Une seconde contraction plia Anna en deux, lui faisant même oublier momentanément la douleur à son poignet.

-« J’ai mal au ventre, qu’est-ce qui m’arrive ? »

Brutalement, Anna pris peur. Elle, qui avait décidé de ne pas garder ce bébé, là voilà qui angoissait à l’idée que la chute ait une conséquence sur sa grossesse. L’infirmière se fâcha un peu.

-« Mais à quoi pensiez-vous ? Vous avez bien fait une mauvaise chute ? Le médecin vous a visité, pourquoi ne pas mentionner votre état ? Ces douleurs au ventre en sont peut être des séquelles… »

Un moment plus tard, Anna pleurait un peu… Elle avait perdu un peu de sang, et le mot « fausse couche » planait au dessus d’elle comme une épée de Damoclès. Le médecin la réprimanda, surtout la jugeant sous alimenté, et lui faisant comprendre à quel point elle jouait avec le feu à ne pas prendre mieux soin d’elle et de son enfant.

Anna ne songeait plus à son poignet, son esprit était entièrement tourné vers son enfant… Elle n’en voulait pas mais maintenant qu’elle pouvait le perdre sans le décider d’elle-même, elle tremblait de peur à cette idée. Elle découvrit ce sentiment viscéral de protection maternelle… Elle pleura sur elle-même… Non, elle ne ferait pas partir cet enfant, elle regrettait d’y avoir songé et d’avoir pris cette décision… Elle pria silencieusement pour se faire pardonner et qu’une seconde chance lui soit accordé…

Tanpis si l’enfant n’aurait pas de père. Tanpis si elle n’aurait pas la vie qu’elle avait imaginé. Tanpis si elle devait assumer seule… Ce petit être n’avait rien demandé, mais il était bel et bien là… Elle devait accepter ce cadeau si précieux de la vie quand tant d’autres femmes n’attendaient que cela … Comme Clara l’avait tant espéré… Les pleurs d’Anna redoublèrent alors… C’était un véritable fiasco.

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Il s'agit de ma participation mensuel au projet d'écriture d'Agoaye qui vous explique le principe bien mieux que moi je ne pourrais le faire.

Vous pouvez retrouver les débuts de cette histoire en commençant par ici.

Si vous êtes curieux et intéressé, les autres chapitres sont par là, par ordre de parution:

Chapitre 2

Chapitre 3

Chapitre 4

Chapitre 5

Commenter cet article

Agoaye 15/01/2017 17:12

Je continue à être captivée :)

Petite ombre 16/01/2017 14:09

Ah yes alors! Cela me fait plaisir !!