Flash Back (5); une semaine en internat

Publié le par Petite ombre

Il y plus de dix ans, j'avais l'idée folle de vouloir devenir professeur des écoles. Alors que j'étais encore à la Fac pour obtenir ma licence, on m'avait conseillé, comme à mes autres camarades désirant suivre le même parcours professionnel plus tard, qu'avoir son BAFA, c'était s'assurer quelques points en plus pour avoir ce fichu concours et entrer en IUFM.

Pour ceux qui se poseraient des questions:

Bafa: Diplôme qui te permet de travailler avec des enfants, être animatrice pour les centres aérées par exemple, bien qu'aujourd'hui on dit centre de loisirs.

Iufm: Il paraît que ça n'existe plus, mais c'était l'école des maîtres, là où on est censé se préparer pour le concours la première année, puis apprendre à devenir un instit la seconde année si on a la chance d'être sélectionné.

J'ai donc entrepris de passer ce fameux BAFA. Il se déroule en trois temps. Une première période de formation théorique d'une semaine. On apprend donc les bases. Je l'avais passé durant une section de petites vacances, du dimanche au dimanche d'après (eh oui même le week end). J'ai validé cette partie.

Ensuite, on doit mettre en pratique nos acquis et donc faire une période de stage qui doit correspondre à autant d'heures (ma mémoire me fait défaut pour être plus exacte). Cette partie prend donc plus ou moins de temps et ne se fait pas obligatoirement en une fois. Moi j'ai du cumuler plusieurs périodes de centre aéré, dont deux parties où j'étais payée, ce qui n'est pas obligatoire quand on a pas le bafa validé.

Ensuite, arrive la dernière partie où tu dois retourner en formation une semaine, et où tu choisis un thème d'approfondissement de ton diplôme. Sincèrement, on s'en fiche, les sessions ne courent pas les rues et comme je devais avoir ce fameux diplôme assez vite, j'ai pris un thème au pif, du moment que je pouvais valider ma dernière partie.

Autant je m'étais débrouillée seule pour les deux premières parties, autant j'avais des copines avec moi pour la dernière partie, et heureusement!

Cette ultime formation s'est déroulé en internat. Il y avait d'autres sessions qui n'incluait pas l'internat, mais le temps jouant contre nous, on était obligé de prendre ce qui était proposé. Je n'étais pas du tout enthousiasmée pour aller m'enfermer une semaine dans un internat, mais je n'avais pas le choix. Il y avait une très bonne amie avec moi, ce qui a aidé à faire passer la pilule.

Pour la première fois de ma vie, j'allais donc vivre l'expérience de l'internat.

Nous nous sommes retrouvées dans une école internat, durant une période de vacances.

La semaine la plus longue de ma vie, avec des règles bien trop strictes. Je n'ai pas aimé qu'on ne puisse pas avoir de contact avec notre famille, on devait se cacher pour prendre notre portable et avoir de leurs nouvelles. En plus, j'en étais au début de ma relation amoureuse avec celui qui est devenu mon mari et donc cette coupure nette était assez dure.

J'ai beaucoup de mal quand je suis séparée de ma famille, et là ce n'était même pas pour m'amuser. La semaine fût intense. Etre 24h/24 avec les mêmes personnes, c'était dur. De plus, la moyenne d'âge était en dessous de la mienne et de celle de mon amie... Nous n'avions pas la même maturité et cela c'est fait ressentir.

Les journées étaient chargées. Peu de pauses. On nous demandait de fournir un travail de malade. On devait préparer nos travaux pour le lendemain, mais le couvre feu était beaucoup trop tôt, nous n'avions le temps de rien. On s'est fait taper sur les doigts un soir quand nous avons été surprise en train de potasser notre "devoir". Je crois même que nous avons reçu une sanction. Cela a été dur à accepter car nous ne faisions pas de rabe pour nous amuser. D'ailleurs, on avait peu de temps libre. Le soir, après la veillée (où en fait on s'amusait pas mais on recevait un enseignement), c'était direct au lit. Le seul moment où l'on pouvait un peu discuter entre nous c'était durant les repas. Et encore... Nous étions là aussi évalués.

Pour ainsi dire, c'était la tête dans le guidon et selon moi ce n'est pas forcément une bonne chose pour en retirer quelque chose.

 

J'apprécie la compagnie mais j'apprécie aussi de me retrouver en tête à tête avec moi même. Ce moment ou si tu as pas envie de parler, tu n'as pas à te justifier. Celui aussi où tu n'as plus à suivre des conversations. Etre juste seule et dans le silence. Bien sûr là-bas c'était impossible. Nous avions interdiction de nous isoler, même pour aller à la douche ou faire pipi, c'était en groupe. J'ai eu une très mauvaise impression de cela. J'avais 20 ans, je n'avais pas besoin d'être un mouton dans un groupe qu'on aurait pu assimiler à des maternelles (non pas que je dise que les autres étaient ainsi, mais ce que les formateurs nous donnaient l'impression d'être). A la fin de la semaine, j'en commençais même à être gonflée par mon amie, très gentille, mais trop... Trop! J'avais l'impression de ne plus avoir d'air nouveau pour respirer.

 

Cependant, la chose qui m'a le plus marqué de cet internat c'est cette nuit, une seule, que je n'ai pas vu passé! Un black out total! J'ai posé la tête sur mon oreiller, j'ai fermé les yeux et ce con de téléphone a sonné. Je me suis donc penché et là je me suis rendue compte que c'était en fait le petit matin et que c'était mon réveil. J'ai cru à une blague de mes camarades de chambrée, mais force fût de constater que non. J'ai vraiment eu l'impression qu'une seconde s'était écoulé entre l'instant où j'ai posé la tête sur l'oreiller et celui où le portable vibrait.  Je n'en reviens toujours pas aujourd'hui.  Je devais être littéralement épuisée. Plus jamais je n'ai eu une nuit aussi profonde!

 

J'ai décroché mon diplôme. Nous avions eu tous très peur car les formateurs étaient très exigeants. Seule l'un d'entre nous ne l'a pas eu. Elle n'était pas brillante mais a eu de très mauvaises appréciations qu'on avait jugé très dur. Pauvre fille.

C'est avec plaisir que j'ai quitté l'internat en me disant que ce n'était pas fait pour moi et que je n'aurais pu supporter plus longtemps. C'est sans doute moins drastique pour les écoliers, du moins je l'espère pour eux, car perso, je ne pourrais pas être ainsi scolarisé.

Ce fût néanmoins une bonne expérience, je ne retiens pas que les côtés négatifs. Nous étions soudés et on s'aidait tous les uns les autres. La vie était réglée, c'est une chose que je dénigre pas totalement. Au moins on a pas eu l'occasion de s'ennuyer. J'ai alors d'autant plus apprécier ma petite vie où tous les soirs je pouvais rentrer chez moi.... Je salue le courage de ceux qui vivent en pensionnat de leur plein gré ou pas...Et je peux dire, que j'en ai eu un aperçu et que c'est une chose que j'aurais vécu et testé dans ma vie.

 

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Melle Bulle 23/03/2017 21:51

tiens, le BAFA ... je n'ai jamais pu le passer .
dès toute petite, j'ai tjs eu horreur du centre aéré ... mais en grandissant, je voulais travailler avec des enfants donc je voulais passer mon BAFA. J'ai donc demandé à mes parents, qui m'ont inscrit et ... la veille du départ (1 semaine en "colonie"), j'ai fait une crise de panique (j'avais 16 ans) et j'ai supplié mes parents de ne pas y aller ... Ils ont fini par dire ok mais j'ai du rembourser l'argent dépensé pour 'linscription (ce qui est bien normal) ... je ne sais pas si au final c'est un regret ou pas ... peut être un peu au fond de moi ... Mais j'ai tjs été terrorisée par les colonies et cie .

Petite ombre 24/03/2017 15:14

La colonie! Encore autre chose que l'internat selon moi. On m'avait proposé d'être animatrice en colo, j'ai dit non! Trois jours de camping m'avait suffit avec des gosses, alors en colo non merci! Et perso, j'ai jamais été été attiré pour partir en colo moi même et de toute manière mon père refusait car il avait de très mauvais souvenirs! Je crois que je ne voudrais pas y laisser aller mes enfants non plus...

Maristochat 20/03/2017 21:32

Oh comme cela me rappelle des souvenirs !
J'ai réussi à passer mon bafa sans passer par la case internat mais déjà, une semaine en collectivité comme cela j'ai parfois eu du mal.

Petite ombre 21/03/2017 09:35

Ah tu as ton bafa, nous avons donc un point commun !!