Comment ça commence- Février 2018

Publié le par Petite ombre

Sur la page auparavant vierge se détachaient maintenant de drôles de symboles…

Elsa les voyait sans les voir, l’esprit à mille lieux de la réunion qui n’en finissait pas. Et comme à chaque fois qu’elle s’ennuyait, machinalement, sans s’en rendre compte, elle gribouillait le bloc note qu’elle avait posé devant elle. Elle ne pensait à rien en particulier, elle était simplement absente, un peu comme en mode pause ou veille. Cela faisait bien longtemps que cela ne lui était pas arrivé, ayant toujours le cerveau en ébullition.

Elsa sursauta quand les personnes qui l’entouraient se levèrent à l’unisson signalant la fin de la séance. Elle ramassa alors à la hâte ses affaires, bien contente de pourvoir enfin être libérée. Un coup d’œil à sa montre lui indiqua qu’elle avait gagné un quart d’heure sur l’horaire prévue. Elle esquissa un sourire de satisfaction et décida de profiter de ce temps offert pour bifurquer à la petite boulangerie au coin de la rue pour acheter une douceur qui ferait à coup sûr un petit heureux à la sortie des écoles.

C’est avec un sachet à la main, délivrant une bonne odeur, qu’elle attendait en bravant le froid, que la grande grille blanche s’ouvre. Son cœur se gonfla d’amour quand un jeune garçon, après l’avoir aperçu, couru à sa rencontre les bras grands ouverts pour se jeter dans ses bras. Il repéra très vite le petit pain au chocolat qui lui était destiné et remercia chaleureusement sa mère. Puis il lui tendit à nouveau le petit sachet où il avait laissé le second pain au chocolat et déclara malicieusement :

-« C’est pour Clara ? Si elle ne le mange pas, je pourrais l’avoir pour moi aussi ? »

Elsa le regarda en biais mais ne put réprimer un sourire :

-« Allons mon petit glouton, Clara voudra peut-être aussi le manger ! », mais elle n’y croyait pas plus que Florian qui semblait connaître autant la fillette qu’elle.

-« D’ailleurs dépêchons-nous d’aller la chercher, je vois que les petits de la maternelle sont aussi déjà dehors ! »

Mère et fils, main dans la main, hâtèrent leurs pas vers la petite école. La fillette sortit de l’établissement en frottant son doudou sur son petit nez, signe de fatigue après une longue journée, la première année d’école étant souvent assez éprouvante dans le nouveau rythme de cette enfant.

Elsa souleva Clara dans ses bras et lui donna un baiser sonore sur la joue, en réponse la petite fille la prit par le cou et se blottit sur l’épaule de la jeune femme.

Florian, la bouche encore pleine, lui montra alors le petit sachet de la boulangerie :

-« Regarde Clara, Maman a acheté des petits pains,  il y en a un pour toi, tu le veux ? »

Elsa vit le regard plein d’espoir du petit garçon, bien qu’il aurait à l’évidence les yeux plus gros que le ventre encore une fois, et alors qu’ils attendaient tout deux une réponse négative, Clara s’empara du sachet, l’ouvrit, sentit le petit pain et finit par croquer dedans, à la surprise générale.

Alors qu’ils avançaient vers la voiture garée non loin, Clara mâchouillait doucement sa bouchée, puis en prit une seconde, mais finit par déclarer qu’elle n’en voulait plus et qu’elle n’aimait pas.

Elsa soupira discrètement, cette petite et son rapport à la nourriture la rendait dingue. Avant que son fils ne puisse réclamer le reste elle remit la gourmandise dans le sachet et déclara, faussement enjouée :

-« Tanpis, tu pourras le donner à ton père quand il rentrera, il sera content d’avoir un goûter comme les enfants ! »

Elsa et Florian échangèrent un regard, le petit garçon exagéra une grosse moue mais il n’insista pas plus longtemps. Il s’engagea alors dans un récit détaillé de sa journée.

Plus tard dans la soirée, alors que les enfants lisaient l’histoire du soir avec  Marc, Elsa vint se joindre à eux comme bien souvent. Elle aimait entendre Marc  prendre différentes voix pour donner vie à une histoire, elle était autant amusée que les enfants. Florian se blottit alors sur les genoux de sa mère sans pour autant interrompre l’écoute du récit. Il se positionna comme il le faisait depuis qu’il était tout petit, le torse contre celui de sa mère et sa  petite tête brune inclinée dans son cou.

Elsa aimait ce contact et posa le menton au sommet du crâne du garçonnet. Instinctivement elle commença à le bercer comme il en avait besoin quand il était nouveau-né, c’était un geste très discret mais qui faisait parti de ce petit contact entre eux.  Elle sentit la main de son fils qui tâtait pour trouver son objet fétiche, celui dont il avait besoin de toucher le soir, au moment du coucher. Mais brusquement Florian se redressa les sourcils froncés, visiblement contrarié.

-« Mais Maman il est où ? »

Elsa porta alors à son tour, la main à son cou en baissant la tête. L’objet qui ne la quittait jamais et qui était comme une sorte de petit talisman du coucher pour son fils, n’était plus là. Par acquis de conscience elle tira sur le col roulé de son pull, au cas où le bijou serait resté dessous, mais ce n'était pas le cas. Elle fût alors autant contrariée que le garçonnet, se redressa un peu vivement et regarda autour d’elle, comme si son médaillon ne serait pas bien loin au final.

Toute la petite famille arrêta alors la lecture, se leva du lit de Clara pour chercher avec Elsa qui commençait à sentir la panique la gagner au plus haut point.

Un quart d’heure plus tard, la jeune femme essaya de calmer sa respiration, de se remémorer encore une fois sa journée, mais obtint  le même constat, le médaillon qu’elle n’avait jamais ôté depuis la première fois où il fût attaché à son cou, n’y était plus et elle ne savait absolument pas depuis quand, ce qui la rendait encore plus folle, au grand jamais elle ne l’avait égaré. Ce qui était sûr c’est qu’elle le portait encore en arrivant à l’école des enfants car en descendant de la voiture en ayant cru entendre quelqu’un dire « pardon », elle s’était retournée pour voir si c’était elle qui pouvait gêner, mais il n’y avait personne autour d’elle. Elle avait alors frissonné en s’apercevant que cette voix lui était trop familière et que son esprit avait du lui jouer un tour puisqu’il était impossible que la personne qui avait ce ton de voix puisse un jour se trouver près d’elle. Elle avait alors porté la main à son médaillon, et son contact froid avait eu le don d’apaiser la seconde de tristesse qui l’avait envahie.

Alors à quel moment ce bijou avait-il disparu ?

Marc eut beau protester sur l’heure tardive, il n’avait pu retenir sa compagne de reprendre la voiture et refaire le chemin pour regarder sur le parking ou près des écoles si elle avait pu laisser tomber son médaillon là-bas. Il aurait pu la supplier, qu’elle ne l’aurait pas écouté, trop en colère et émue d’avoir perdu ce bijou. Il savait qu’elle y tenait comme à la prunelle de ses yeux et que ce serait un drame immense si elle ne le retrouvait pas. Pourtant, au fond de lui, même s’il acceptait qu’elle garde cet unique lien avec son passé dont elle ne lui avait parlé qu’une fois, qu’il s’était même habitué à le voir pendre à son cou, sans pour autant avoir vu ce qu’il y avait à l’intérieur, il éprouva comme une sorte de soulagement.

Elsa sentait son cœur qui cognait si fort dans sa poitrine qu’elle le pensait capable d’y sortir. Elle tapa du poing plusieurs fois sur le volant, déçue de ne pas avoir trouvé son bijou à l’intérieur de la voiture, elle démarra sur les chapeaux de roues. Elle entrait dans un état second, les larmes lui montaient aux yeux. Elle se mit à se parler à elle-même :

-« Non ce n’est pas possible, pitié, pitié ! C’est comme si je te perdais une seconde fois, et ce n’est juste pas possible ! Non je ne peux pas ! »

C'était ma participation au projet lancé par Ago pour février.

Et si vous l'avez raté, la première partie a été publié en janvier, vous la retrouverez en cliquant ici !!

 

A suivre ????

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A
Ahahahahhahah, sympa.<br /> <br /> Bon je pense que l'amorce de mars que je viens de publier ne te posera aucun souci ;)
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P
En effet, je peux rester dans mon élan avec l'amorce de Mars....
M
Bluffant ! Je vois que tu t'es imposée le même défi que moi en continuant la même histoire, et je trouve que tu t'en sors bien mieux que moi sur les transitions d'un mois à l'autre ! Félicitations ;)
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P
Re! Je suis passé chez toi, mais je ne peux pas commenter... Tu as bien travaillé aussi, et tu mérites plus de félicitations que moi, car c'est vrai qu'avec ta première partie, c'était chaud d'embrayer avec la seconde accroche! Bravo, tu as réussi et tu écris divinement bien!
P
Merci, en effet on a le même défi! Je me suis étonnée de savoir faire la transition lol, il y a eu des amorces plus faciles, mais plus difficiles aussi...