La naissance de mon troisème enfant

Publié le par Petite ombre

Cela faisait plusieurs nuits que j'étais prise d'insomnies à partir de 3h... J'allais faire pipi et je n'arrivais plus à refermer l’œil.

Et puis le 26 octobre, c'était ma dernière nuit d'insomnie, sans le savoir.

Je tournais en rond dans le lit alors que mon mari dormait bien à côté de moi. Je me suis levée plusieurs fois pour aller faire pipi. Je voyais les minutes défiler, c'était long !!!

A 6h, j'ai eu un peu mal au ventre, mais je ne savais pas trop si c'était une contraction de travail ou pas, puisque depuis le début de ma grossesse, j'avais souvent mal au ventre. Au dernier rendez-vous avec le gynécologue, trois jours avant, mon col était fermé et bien fermé, une prouesse pour moi, toujours fragile de ce côté là pour mes deux aînés.

Mon mari se lève pour aller travailler et comme chaque matin, il me demande s'il peut y aller, il était dans l'attente depuis un moment que j'accouche enfin. J'ai mis un laps de temps avant de lui répondre alors qu'en tant ordinaire je lui répondais "oui vas-y ce n'est pas pour aujourd'hui ton congé paternité!" Cela n'a pas passé inaperçu à mon époux qui a été surpris de mon hésitation. J'ai alors avoué que je ne savais pas quoi lui répondre pour une fois. J'ai finalement annoncé qu'il pouvait y aller mais qu'il devait surveiller son téléphone, quelque chose au fond de moi était différent pour une fois, mais j'avais peur de lui faire manquer une journée pour rien.

Il m'a aidé à me recoucher et a pris la route. A 6h30 j'ai eu une très grosse douleur et là je me suis dit que c'était bien une contraction de travail, mais j'hésitais encore... Peut-être pouvais-je laisser passer quelques heures avant d'appeler mon époux, qu'il fasse au moins une matinée de travail. Mais de nouveau mon instinct me soufflait de le prévenir avant qu'il n'arrive sur son lieu de travail.

Il était à la sortie de la ville,il a fait demi tour. Pendant ce temps je suis redescendue et j'ai eu deux ou trois autres contractions. Quand j'ai pris le téléphone pour prévenir ma mère qu'elle devait venir garder mes deux grands, j'ai senti que je commençais à perdre les eaux.

Je suis arrivée à 8h à la maternité, je m'installe et la sage femme me dit que je perds en effet les eaux et que je suis déjà ouverte à 5... C'est donc bien le bon jour... Nous avons du mal à réaliser.

Et avant qu'on ai le temps de dire ouf, bébé était dans nos bras. Tout c’est enchaîné très vite. J'avais prévenu la sage femme que je travaillais très vite. J'ai bien vu qu'elle ne m'écoutais que d'une oreille, pensant que je devais un peu me la raconter.J'ai aussi fait part de mon envie d'essayer d'accoucher sans péridurale, elle m'a regardé comme si j'étais une extraterrestre.

Quand on m'a passé de la salle d'examen à la salle de naissance, j'ai refusé le fauteuil roulant, marcher ne pouvait que permettre à bébé de continuer à descendre. Il n'y avait personne dans le service, j'étais la seule à accoucher, du moins à être là à cette heure là! J'avais l'embarras du choix pour la salle, je me suis retrouvée dans la salle près du bureau des sages femmes. On pouvait me suivre à la trace, je continuais de perdre les eaux. J'étais gênée de salir le sol, surtout qu'une dame venait juste de nettoyer. Mais elle a été gentille et est repassé derrière moi.

Debout, j'avais l'impression de mieux gérer les contractions. La puéricultrice était super gentille avec moi, elle me tenait le bras quand je devais faire une pause lors d'une contraction. Elle m'a encouragé à bien souffler et était contente que je pige le truc très vite (en même temps c'était une troisième aventure pour moi).Elle était beaucoup plus à mon écoute que la sage femme que je sentais blasée...D'ailleurs cette dernière m'a bien abîmé la main et l'avant bras à essayer de me poser la perfusion, c'était de ma faute, j'avais de trop petites veines... Mon mari a du sortir car il se sentait mal à la voir me piquer autant de fois.

On m'a proposé le ballon, j'ai accepté. Je ne savais plus comment me mettre tant la douleur était de plus en plus forte, allant jusque dans mes reins... Je continuais à perdre les eaux... Et puis j'ai paniqué un peu, je ne criais pas mais j'avais du mal à bien souffler pendant la contraction... La douleur était trop intense. Mon mari ne voulait pas que je souffre, il ne m'a pas aidé à résister. J'ai eu peur de ne plus savoir me gérer au moment de pousser... Faible que j'étais, j'ai demandé la péridurale. On me l'a posé, la sage femme aurait pu m'encourager mais elle ne l'a pas fait... Malgré les douleurs j'ai été très docile pendant la pose, l'anesthésiste était contente. La sage femme me demande si je voulais qu'elle m'examine. J'opine car malgré la péri j'ai encore mal, le produit est long à agir... J'étais encore à 5 avant la pose, et là en vingt minutes j'étais passée direct à 8. La sage femme a pris peur et n'a plus voulu sortir de la salle, elle me croyait enfin quand je disais que je travaillais très vite. La puéricultrice me dit alors que j'ai quand même été courageuse de tenir sans péri jusque là car beaucoup l'a demande à peine à 2. Et elle m'annonce aussi que mes douleurs étaient très intenses à cause du travail rapide et que c'était compréhensible que je ne tienne pas, que je souffrais plus qu'une femme travaillant moins vite, du moins que je n'avais pas beaucoup de répit sans douleur entre les contractions.

On me propose de me mettre sur le côté avec un pied déjà dans un étrier, chose que j'accepte. La péri n'agit que d'un côté, j'ai de grosses fourmis dans une seule jambe... Mais bébé n'apprécie pas la position. Je dis alors que je sens mon enfant qui glisse. Et alors la sage femme me dit que c'est peut-être le moment de pousser, elle regarde et me dit qu'elle voit des cheveux.... Et tout ça avant que l'anesthésiste ai le temps de ranger son matériel et de sortir. Mon bébé bouge encore beaucoup,je sens ses petits pieds. Il se met un peu de travers, il va vers la gauche, la sage femme doit le maintenir pour qu'il reste bien droit. Je pousse très peu... Bébé pousse aussi sur ses pieds, ça va assez vite je trouve. On me dit "stop" la tête est passée. Je ne pousse plus. Mais bébé ne veut pas attendre et il sort tout seul ses épaules. Le placenta suit dans la foulée.

Le gynéco qui était arrivé quand je poussais, rit aux éclats et dit "mais regardez qui voilà, attrapez-le chers parents..." Je ne réfléchis pas, je me penche, je tends les bras et j'attrape mon enfant qui pleure déjà. Mon mari m'aidera à le poser sur mon ventre en accompagnant mon geste aussi. Ce moment là, je ne l'oublierais jamais. Mon bébé avait les bras grand ouvert, près à venir dans les miens. Le gynéco continue de rire et me dit que bébé a un énorme cordon (ce qui serait signe qu'il était bien glouton dans mon ventre du coup) que mon mari coupera. J'en oublie de demander le sexe, je suis juste heureuse et je regarde ce petit être qui pleure avec beaucoup d'aigu dans la voix et qui a énormément de cheveux comme ma fille à la naissance. C'est à cause de cela que sur le moment mon mari croit que je viens de donner naissance à une autre fille... Mais quand le gynéco soulève bébé pour qu'on voit bien son sexe, c'est un petit zizi qu'on aperçoit et mon mari m'embrasse en me disant que je l'avais eu ce fils dont je parlais souvent!!

La sage femme a finit par reconnaître que j'avais été très rapide et que j'étais faite pour accoucher! On m'avait dit la même chose pour ma fille. Mais là c'était mon dernier accouchement, ma dernière expérience qui me donne encore envie de pleurer rien qu'à vous la raconter...Et encore je ne suis pas rentrée dans tous les détails sinon je vous écrivais un roman!

Mon seul regret c'est de ne pas avoir eu plus de volonté face à la douleur,  je m'en veux un peu d'avoir redemander une péri même si pour une fois elle était dosée apparemment correctement car j'ai bien senti mon enfant qui descendait contrairement aux deux premiers où je ne sentais même plus du tout mes jambes.

J'ai aussi une petite pensée pour la jeune fille qui était à son premier jour de stage en tant que puéricultrice et qui a été un peu impressionnée par la rapidité des choses. Elle a été gentille avec moi malgré ses maladresses de débutantes,mais elle était bien coachée par l’équipe qui savait la reprendre correctement dans ses erreurs sans la décourager.

Les deux heures de surveillance sont passées très vite,d'ailleurs je suis même resté un peu plus longtemps car je ne me sentais pas très bien. Je tremblais beaucoup et j'ai eu quelques vertiges, mais tout est vite rentré dans l'ordre, c'était juste mon corps qui essayait de se reprendre après un travail hyper rapide.

Quel beau miracle de la vie que j'ai pu vivre une dernière fois.

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M
J'ai fait la même chose que toi, j'ai le récit de mes 3 accouchements dans un cahier à la maison. J'attends l'anniversaire de mes enfants pour publier sur mon blog...3 naissances !
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P
J'ai hâte de lire alors! Moi aussi à la maison j'ai par écrit le récit, beaucoup plus détaillé que ce que j'ai partagé sur le blog lol.
S
WAHOUW ça c'est de la naissance rapide! <br /> Déjà 3 mois ton petit pépère, ça passe vite !<br /> J'espère que son RGO va mieux?<br /> des bises<br /> <br /> silvia
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P
Oui c'est du rapide, j'ai eu la chance de ne jamais connaitre la galère d'un long travail, certes j'ai eu fort mal tout de suite, mais c'était vite fini après... Le rgo semblait aller mieux mais depuis hier, de nouveau des cris pour les biberons.... grrrr
A
Quel beau récit ! J'imagine qu'un accouchement aussi "rapide" doit être un sacré avantage tout de même !
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P
J'ai eu la chance d'avoir trois accouchements assez rapide, le dernier encore plus que les deux premiers. C'est mon mari qui me remercie car il ne connait donc pas vraiment la galère de l'attente interminable.... Mais ouille, comme ça fait mal de travailler aussi vite !!!!! Direct je suis dans de très grosses contractions et moi je ne dois pas calculer les minutes d'écarts entre chacune car c'est très vite rapprochées aussi.