Les sorties jeunesses

Publié le par Petite ombre

Entre confinement et couvre feu, sans parler des fermetures de certaines structures, j'entends (quand j'allume un peu la télé et que ce sont les infos) que c'est très difficile à vivre pour les jeunes, que ce sont eux qui sont le plus punis dans tout ce merdier....

Ma première réaction a été de me dire "mais ils vont pas mourir de pas sortir quelques semaines, on se serre tous les coudes, on tient bon qu'on en finisse une bonne fois pour toute, merde".... Je suis horrifiée quand j'entends qu'il y a des soirées clandestines de plus de 100 personnes... Mais qu'ont 'ils dans la tête?

Et puis, j'ai pris du recul pour me dire, mais si c'était moi qui avait 20 ans aujourd'hui, ou plutôt et si tout ce merdier avait eu lieu à l'époque où moi j'avais 20 ans...  Je sais que je n'aurais pas été contre les règles, du moins pas assez sotte pour me rendre à des soirées.... Mais aurais-je connu mon histoire d'amour avec mon époux?

En effet, il y a quinze ans, c'est par une nuit de novembre que j'ai échangé mon premier baiser avec celui qui deviendra plusieurs années plus tard mon mari

Il y a eu avant cela la phase de "séduction", celle où on apprenait à mieux se connaître, où lui, il faisait tout pour que je ne le regarde plus en tant qu'ami mais plus...  Et tout cela n'aurait pas pu avoir lieu si nous avions été confiné ou sous l'obligation d'un couvre feu...

Aout  2006, je renoue avec une amie, qui avait même été ma meilleure amie. Nous nous étions "fâchées" et n'avions plus de contacts (je ne sais plus trop pourquoi d'ailleurs).... Une fois l'orage passé, je ne sais plus comment, ni laquelle des deux à refait un pas vers l'autre, mais il s'avère que pour reprendre notre amitié, c'est en sortant que nous avons renoué...  Elle m'avait invité à venir boire un verre dans un bar karaoké qu'elle fréquentait depuis quelques semaines. Je me souviens que je n'avais pas été très enthousiaste, je n'étais pas le genre à traîner dans des bars, de surcroit un tout petit bar de ville, même pas réputé. Mais j'y suis allée. On a passé une bonne soirée, et puis la semaine suivante elle a ré-itérer sa demande, elle aimait chanter et cet endroit lui plaisait beaucoup. Elle disait aussi être plus rassurée que je sois avec elle, car elle n'aimait pas y aller seule, entre filles ça passait un peu mieux, même si elle avait sympathisé avec les patrons, être seule à une table, ce n'était pas le top. Et puis on avait du temps de papotage à rattraper....

J'avais besoin de changer d'air un peu, j'étais encore terriblement blessée de ma rupture sentimentale qui avait eu lieu plus... deux ans auparavant (mais c'était compliqué, il revenait et partait sans cesse, oui j'ai été une belle petite jeune conne, aveuglée par l'amour).. Alors je l'ai suivi.... Et puis au fil du temps, le bar est devenu un peu plus branché et fréquenté. Il y a même des soirées où on ne payait même plus nos consommations, les habitués le faisant pour nous ou quelques hommes pensant nous séduire ainsi... Moi ça me faisait marrer car je savais qu'ils n'avaient aucune chance, j'étais encore amoureuse de mon abruti d'ex... (j'en ai rembarré plus d'un et là c'était mon amie qui se marrait quand l'un d'eux ne comprenait pas et que je devenais un peu moins gentille pour m'en débarrasser)Ma copine avait flashé sur un type, mais ce n'était pas réciproque, si on continuait d'aller dans ce bar, c'était pour qu'elle puisse le voir.

Puis fin septembre, mon amie me demande si cela ne me dérangeait pas d’accepter à notre table son frère qu'elle voulait essayer de divertir, il venait de revenir chez leurs parents après une séparation douloureuse qu'il n'avait pas senti venir. Je le connaissais déjà , j'allais de temps en temps chez lui et sa petite amie de l'époque (c'était donc une sorte de copine à moi que j'avais rencontré grâce à mon ex), j'étais attristée pour lui à ce moment là. Et comme on était deux cœurs brisés, on a parlé un peu plus qu'avant et on a appris à mieux se connaitre, jusqu'à ce qu'il tombe subitement amoureux de moi... De mon côté, il m'a fallu beaucoup plus de temps pour m'en rendre compte, je ne lui ai pas facilité la tâche lol... Bref, toute cette période c'était toutes mes sorties du week end, du vendredi soir au dimanche soir. Entre deux je sortais aussi avec mes autres amies, soirée resto pour discuter entre filles (il y avait pas assez des cours de fac pour se raconter nos histoires de coeur), sortie boîte (très rare, genre j'ai du y aller 2 ou 2 fois, les discothèques dans mon coin n'étant pas terrible et grouillant de gamins de 16 ans....)... Je sortais et je suis tombée amoureuse, ce qui n'aurait pas été possible si on avait été "interdits" de sortir.

Et puis, une fois en couple, je retrouvais mon amoureux le soir, la journée j'avais cours et lui travaillait. De plus on se voyait en cachette, car à ce moment là, je savais que mes parents ne seraient pas ravis que je sois avec lui (si si, ceux qui me suivent bien vous savez pourquoi....). Même la semaine on se retrouvait, même si ce n'était que pour une heure. On se donnait rendez vous dans un coin tranquille, on squattait ma voiture (dans laquelle d'ailleurs a eu lieu notre premier baiser), lui n'ayant plus rien suite à sa séparation (elle a tout pris...)

Je me souviens comme parfois on avait froid, c'était l'hiver... Mais on était biens, on débutait notre histoire... Par la suite, bien sûr nos parents respectifs ont fini par apprendre notre histoire, et quand mes parents ont vu qu'il était complétement différent de mon ex, il pouvait venir parfois passer des soirées chez nous (j'allais aussi chez ses parents, faudrait que je vous raconte un jour d'ailleurs, j'aimais pas trop et au début quand on y allait en cachette j'avais même peur que ma mère hume leur odeur sur mes fringues....). Mais si nous avions du vivre un couvre feu, comment aurait t'on fait? Vous pourriez rétorquer qu'on avait qu'à rester dormir chez l'un ou chez l'autre, mais ce n'était pas possible. Même si j'avais 20 ans, j'étais la première née et mes parents n'étaient pas trop open, fallait pas pousser trop loin, et je ne m'en plaignais pas j'étais déjà rassurée qu'ils l'acceptent comme mon petit copain... Et puis de toute façon je partageais ma chambre avec ma soeur donc l'affaire était réglée d'office, j'allais pas la mettre dehors pour profiter de mon amoureux la nuit. Et je n'ai jamais voulu dormir chez mes beaux parents (gros fumeurs, je ne supportais pas l'air ambiant de leur maison, ce qui n'a d'ailleurs pas changé avec les années, hormis le fait qu'ils se retiennent d'en allumer une quand je daigne y aller,puisque j'ai annoncé que c'était au moins un respect pour mes enfants à défaut de ne jamais avoir respecté mon non tabagisme,bref).

Tout cela pour dire, qu'il y a 15 ans, ou plutôt quand moi j'avais 20 ans, toutes ces histoires de couvre feu et confinement auraient été soit:

- le meilleur moyen pour ne jamais tomber amoureuse de mon cher et tendre, on aurait pas pu apprendre à mieux se connaitre

 soit:

- même si on avait eu le temps de tomber amoureux, le début de notre histoire aurait eu des "bâtons dans les roues", nous aurions été frustré de ne pas pouvoir profiter l'un de l'autre quand on en avait décidé, et non pas au gré des lois du moment.... Notre histoire aurait -elle même survécu? Aurez-t'on outrepassé les règles? J'ai tendance à penser que non, car à l'époque mon papa était déjà une personne à risque... Mais en réalité je ne saurais jamais au final ce que j'aurais fait ou non....

Alors je pense à ces jeunes, qui devraient pouvoir avoir cette chance que j'ai eu, de vivre leur jeunesse, de faire des rencontres, de vivre une histoire.... Oui ils sont punis. Oui je comprends qu'ils en ont marre. Je vis beaucoup mieux ces interdits qu'eux, j'ai déjà mon histoire d'amour, j'ai ma famille, ma maison... Nous ne sommes pas aussi entravés qu'eux....  Eux ils doivent construire.... Eux qui n'ont pas encore de propre chez eux...

C'est tellement compliqué ce nouveau monde.... Et ça craint, je le concède pour les jeunes. Mais pour autant je ne tolère pas les soirées clandestines, pas à ce point là. Mais je pense à eux tout de même et je prie pour que mes propres enfants puissent faire leur jeunesse plus librement comme moi, plutôt que cette génération qui subit ..... (on a le temps de les voir grandir, et j'espère bien que tout cela ne sera que de l'histoire ancienne, sinon ça craint vraiment!)

 

Avec tout cela, je me suis donc replongée dans mes souvenirs, et je mesure la chance que j'ai eu...

 

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S
coucou,<br /> écoute j'ai 2 enfants qui sont en plein dedans (16 et 21 ans), ma grande est chez son chéri donc pas trop de souci, ils sont assez casaniers les 2... pour mon fils, ben oui il aimerait faire plus de choses, mais bon il s'adapte et pour le moment a pas l'air de le vivre trop mal... j'espère que cet été ils auront possibilité de faire plus de choses quand même!<br /> je vais dire la vérité, je crois que c'est moi qui suis le plus "fatiguée" de tout ça, mais bon pareil, j'ai espoir que cet été on p uisse faire plus de choses...<br /> <br /> des bises<br /> <br /> silvia
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P
Ah bah voilà un témoignage du coup... Je crois que nous sommes tous fatigués de cette pandémie et les médias en font trop, on ne passe pas un jour sans en entendre parler...<br /> Bises
K
S'il y a quelqu'un à plaindre ce serait plutôt les jeunes nés dans les années 1900 que ceux des années 2000. Ceux là sont très, très gâtés, c'est même la génération la plus gâtée de tous les temps. Pour la plupart ils ont tout ce qu'ils veulent juste en claquant des doigts, ils n'ont jamais été frustrés par leurs parents qui leur offre tout ce dont ils ont envie et même parfois avant qu'ils en aient envie !! Après soit il ont un travail soit ils traînent dans les rues à ne rien faire, mais touchent le RSA ou autre, ce qui n'a pas toujours existé. Il fut une époque ou soit on travaillait soit on mourrait de faim, et cela dés l'âge de 14 ans. A 14 ans mon mari travaillait sur les toits, l'hiver il avait froid, l'été il avait chaud, mais il n'avait pas le choix, il ne comptait pas ses heures, et tout cela pour un salaire de misère. (Je suis plus de la génération de tes parents)<br /> Alors non, je n'ai pas trop envie de plaindre les jeunes d'aujourd'hui... Bien sûr je ne mets pas tous les jeunes dans le même panier, je parle de ceux qui n'ont aucun respect ni pour les lois ni pour leurs parents et grand parents ou tout autre personne à risque. Enfin je parle de ceux qui ne pensent qu'à eux !!<br /> Je te souhaite une bonne journée. Bisous
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P
Apprendre la valuer des choses et de la vie, ça s'inculque encore, c'est que nous essayons de faire pour nos enfants, comme nous l'avons reçu de nos parents... <br /> Mais je partage ton avis, certains jeunes d'aujourd'hui ne respectent pas vraiment tout, et contre cela je ne suis pas d'accord non plus, mais ainsi va le monde.... <br /> Une bonne journée à toi aussi.
C
Tu sais, je pense que quoi qu'il arrive : on s'adapte. Peut-être que tu n'aurais pas été avec ton époux mais tu aurais sans aucun doute vécu plein d'autres choses... L'être humain a une faculté d'adaptation absolument hallucinante ! Et franchement, je trouve que nous n'avons pas à nous plaindre par rapport aux temps de guerre qu'ont vécu nos aînés ! On est au chaud, dans nos foyers, on a internet, les portables, la télévision, le chauffage... Je crois aussi qu'il faut relativiser. Perso, j'ai 27 ans et ma vie n'a absolument pas changé avec les confinements et les couvre-feu, ah ah ! Bon, j'ai toujours été casanière et solitaire, mais quand même ! ;) Franchement, je pense qu'il faut juste un peu de patience et savourer profiter de ce que nous avons... Même si nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne, j'en ai bien conscience ! <br /> Moi j'ai connu mon amoureux au lycée, on s'est perdu de vue 3 ans et quand je l'ai retrouvé il était militaire : j'ai connu les opex, les vigipirates, les vacances interrompues subitement, les gardes de nuit... L'amour persiste. Quand on doit vivre une histoire d'amour, on la vit ! ;) <3
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P
En ce moment on s'adapte surtout aux mesures qu'on nous impose... Perso j'y arrive, cela en bouscule pas trop nos habitudes, certaines choses peut être mais dans l'ensemble on ne se plaint pas tant que cela. Sur le fond je partage ta pensée. J'ai juste eu une pensée pour ceux qui n'arrivent pas à s'adapter et qui ont plus ou moins une bonne excuse... <br /> Toi et moi on vit avec ceux qui comptent pour nous dans le quotidien... On a crée notre quotidien... <br /> Mais les jeunes, c'est un peu moins évident. Et il est intéressant de se demander si à une autre période de notre vie, nous aurions vécu différemment ou pas cette situation sanitaire...<br /> Pour l’histoire d'amour pour la vivre faut -il qu'elle commence, c'est là où je voulais en venir.<br />