Enlisé

Publié le par Petite ombre

C'était le dernier vendredi des vacances de Pâques. Le temps était moche, le vent soufflait un peu et les nuages étaient menaçants, mais nous en avions marre d'être enfermé.

Et si on allait voir la mer? Telle fût notre envie subite du moment.

Habitant sur le littoral, à 10 minutes grand max de la plage, nous avons l'habitude de prendre ce chemin, hiver comme été... La mer est belle à voir quel que ce soit le temps.... Même si on ne sort pas de la voiture, rien que de pouvoir apercevoir les vagues qui viennent mourir sur le rivage, ça nous rebooste un peu.

Ce chemin on le connait par cœur, on sait où l'on va. Une digue a été construite il y a très longtemps et pour accéder du côté de la plage, il nous suffit de monter la route, il y a deux chemins possibles. Nous avons pris le premier pour y aller.

Mais pour repartir, comme nous avions pas mal roulé le long de la digue, mon mari a voulu prendre le second passage qui nous fait quitter la plage un peu plus loin de l'endroit où nous étions arrivés.

Ce chemin nous l'avons pris aussi un nombre incalculable de fois. Sauf que cette fois-ci ma voiture s'est arrêtée nette au milieu de la pente.... Mon époux m'a regardé l'air penaud, il s'était enlisé.

Pas de panique, il nous dit d'attendre, il va regarder et déblayer vite fait ma voiture. Je lui demande s'il veut de mon aide, il me répond que je dois rester au chaud, c'est lui qui nous a mis dans cette panade.

Il m'avouera plus tard qu'il craignait que je me fâche de sa bêtise. Mais étonnamment, je suis restée calme, même si toute la semaine j'avais eu une humeur de chien. Cette connerie aurait pu m'arriver à moi....

Nous étions surtout surpris, il n'y avait pas eu assez de vent pour amener autant de sable sur cette pente. Mais quand nous étions encore en haut de celle ci, connaissant mieux ma voiture que mon mari (là pour une fois c'est lui qui la conduisait), j'ai eu un doute sur le fait de descendre là, les traces de pneus dans le sable me paraissaient bizarres par rapport à d'habitude. Je n'ai pourtant rien dit... Alors je pense que j'étais aussi  un peu en faute, j'aurais dire tout haut ce que je pensais, mon mari aurait sans doute hésité à descendre par là.

Au bout d'un moment, mon cher et tendre revient essoufflé dans la voiture, les mains bleues et pleine de sable. Il redémarre. Pour rien... Nous avons dû gagner quelques millimètres et surtout c'était pire que mieux.

Les trois enfants à l'arrière prennent peur... On les rassure, ce n'est pas la mort d'être ainsi coincé même si c'est la première fois que cela nous arrive.

Je décide de descendre cette fois ci pour aider mon époux. Et là je suis effarée... Habituellement c'est un très fin tapis de sable qui recouvre la route, juste de quoi prendre la forme du bitume. Mais là je sens que mes pieds s'enfoncent dans le sable, comme si j'étais sur le bord de mer. Je m'abaisse près des roues et j'ouvre la bouche pour dire "eh merde". Tout mon bas de caisse est coincé dans une tonne de sable....

Je me retrouve alors à quatre pattes en train de virer le sable et délivrer ma voiture. Je finis même vautrée par terre pour aller chercher le sable loin sous ma voiture. On ne ménage pas nos efforts... Mon époux déblaye à l'avant de la voiture et tasse le sable pour nous créer un chemin.

Plusieurs voitures sont passées sous la rive du bas... On a entendu certains ralentir mais continuer leur chemin. D'après mon mari et mes enfants, il y en a une qui s'est arrêtée, nous a regardé nous démener puis a repris sa route.

Les enfants ont voulu descendre pour nous aider, mais comme j'avais aussi le petit de trois ans dans la voiture on a préféré qu'il reste au chaud à l'intérieur, surtout que ma fille était en jupe.

Finalement, au bout de vingt minutes une autre voiture s'arrête. Trois gaillards en sortent, ainsi qu'une jeune femme tout aussi baraquée qu'eux. Je redresse la tête à leur arrivée. Ils ont gentiment proposé leur aide...  Il nous ont expliqué qu'une demie heure avant nous, c'était eux qui étaient dans la même situation que nous, tout aussi ébahis que la route soit ainsi devenue impraticable.

Comme nous avions déjà bien déblayé, l'un des gars a proposé qu'ils se mettent tous à pousser mon véhicule pour l'aider à repartir (idée qu'on avait écarté mon mari et moi quand nous étions seuls car ma voiture pèse deux tonnes sans jeu de mots...) En deux minutes l'affaire était réglée.

Nous les avons chaleureusement remercié, sans eux, nous aurions encore mis plus de temps à pouvoir nous départir de là. Perso, si on avait croisé quelqu'un dans la même panade que nous, sans hésiter nous aurions aussi proposé notre aide, encore plus s'il y avait eu des enfants comme nous. Certains ne sont pas supers bien bienveillant apparemment....

Nous avons pu reprendre le chemin de la maison en se promettant de ne plus jamais prendre ce second chemin et surtout prévenir notre entourage qu'il ne fallait pas passer par là. Nous étions hors d'haleine, c'est fatiguant et sportif de tirer sur du sable... J'avais les cheveux en bataille et les joues rougies. Ma voiture s'est retrouvée pleine de sable, nous avions beau eu avoir  la présence d’esprit de nous tapoter le corps avant de retourner dans l'habitacle, mais le sable c'est vicieux....

C'était notre aventure des vacances de Pâques, un peu d'action après une semaine d'ennui. Je pense qu'on gardera ce souvenir un max de temps et les enfants aussi qui ont fini par dire que nous avions eu des supers héros à la rescousse et que les autres gens étaient pas super gentils....

 

Et vous, ça vous est déjà arrivé d'être enlisé, dans le sable, la boue ou je ne sais quoi ?En tout cas, j'ai aussi l'impression qu'hormis ma voiture, s'est moi qui suit enlisée en ce moment...

 

Ps: Je devais vous raconter cette anecdote depuis un moment, mais je cours après le temps, je suis constamment sur la route des rendez-vous....

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E
Je ne sais pas si c'est seulement une affaire de bienveillance. C'est un peu comme quand quelqu'un se fait agresser et que personne ne bouge : en fait, c'est un mécanisme psychologique, les gens se disent "quelqu'un va faire quelque chose". Il est possible que ça ait été en partie le cas ici aussi. "Quelqu'un va s'arrêter pour les aides, nous, nous sommes attendus."<br /> <br /> Jamais été enlisée et il vaut mieux pas, vue que je suis toute seule, donc pour le coup ça finirait avec une dépanneuse x)
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P
Tu serais parfois étonnée, qu'une femme seule entraine plus de bienveillance....
W
Quelle aventure ! Bravo à vos gentils sauveteurs ! Pas cool en revanche, les gens qui s'arrêtent pour regarder et repartir....ça ne m'étonne qu'à moitié... je n'ai jamais vécu cette expérience et j'espère bien ne jamais la vivre....
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P
Eh oui une aventure et non pas une mésaventure, on en a rit au final....