Reprendre ses marques
Après une période un peu sous la "tempête émotionnelle" principalement et sous tous les changements, je reprends mes marques doucement dans ma vie et ici aussi.
Je me sens plus calme maintenant, prête à vivre ma saison préférée.
J'ai vécu un été en demi teinte, trop stressée inconsciemment de la rentrée pour mon dernier. Finalement il a été admis dans l'école que nous voulions à notre grand soulagement. Mais cela aurait trop facile si tout avait pu se passer correctement. J'ai eu des sueurs froides avant la rentrée. Je vous épargne la longue histoire, mais alors qu'on essayait de se préparer à un changement du quotidien, on nous met une autre pression avec une épée de Damoclès quant au fait d'accepter mon fils à la cantine.
Bref... Mon petit gars était content d'aller au cp, il a fait son premier jour comme un brave. Il a eu un moment de panique lors de l'appel mais il y est allé la tête haute. C'était la première fois que je revenais d'une rentrée en pleurant à chaudes larmes. C'était très difficile de reprendre la route en voiture, de quitter la ville où je laissais mon tout petit et devoir attendre toute une journée entière. Je n'ai jamais été séparé ainsi de mon fils.
J'ai été perdue complétement, et alors que j'avais prévu un million de choses j'étais incapable de rien pendant des semaines. A tourner en rond, à regarder mon assiette le midi sans avoir mon petit à côté pour m'empêcher de manger dans le calme.
J'ai du m'habituer à cette route et tous ces chauffards de ******** , à ne plus être dans un endroit familier, à subir le regard des autres parents (coucou oui on est des petits nouveaux) et au fonctionnement de ce groupe scolaire.
Et puis mon petit gars a commencé à pleurer absolument tous les jours à partir de la seconde semaine jusqu'aux vacances à peu près. Il a pris conscience que c'était long, difficile et que l'école était très grande. J'ai jamais eu autant de "mais maman je t'aime très fort, ne me laisse pas ici, j'aime pas". (vous imaginez donc comme c'est dur de le laisser de devoir être forte devant lui, ne surtout pas lui crier "mais moi aussi je t'aime et je ne veux pas te laisser"...) J'ai eu droit aussi à un "je veux retourner en maternelle". On s'est retrouvé dans le bureau de la direction très en colère après avoir essayé de consoler notre fils qui nous avait expliqué que les enfants étaient pas gentils, qu'ils se moquaient de lui aux wc et ouvrait sa porte pour rire, que deux d 'entre eux avaient même porté des coups.
Mon cœur de maman n'a jamais autant saigné car je me sentais très coupable autant que mon mari qui a vécu cette période aussi mal que moi. C'est nous qui avions choisi cette école et qui avons tout fait pour qu'il soit accepté. Et puis on avait du mal avec l'enseignant ULIS qui n'était pas formé et qui faisait le "planqué" à la sortie des classes.
En parallèle j'avais aussi mon fils aîné qui vivait une rentrée pas toute douce non plus au lycée avec la nouveauté de la cantine et des bus.... J'étais constamment sur les routes pour mes deux garçons et à penser à eux qui ne passaient pas forcément de bons moments.
Bref.... on a beaucoup douté, voir regretté, on s'est remis en question, on a serré les dents, j'ai pleuré, on a tous un peu subi. Mes parents aussi étaient très contrarié, l'ancienne AESH de mon fils prenait souvent des nouvelles et la maîtresse de maternelle aussi.
Mais nous étions bien entourés et soutenus par le SESSAD qui se bat chaque jour à nos côtés pour notre fils. L'éducatrice fait beaucoup pour mon petit et remu ciel et terre. Une enseignante spécialisée du SESSAD est aussi rentrée en jeu et a fait bougé les choses à l'école, elle continue encore aujourd'hui, elle se bat pour mon fils et l'encourage.
Depuis les choses se passent beaucoup mieux. Les responsables de la cantine ont été remis à leur place quant au "handicap" de mon fils et que rien ne peut l'empêcher d'être à la cantine comme tous les autres. J'ai pu relâcher un peu cette pression sur mes épaules de devoir faire la navette plusieurs fois par jour s'il devait rentrer manger à la maison.
Nous avons eu une réunion avec toutes les personnes qui entourent mon fils à l'école et au SESSAD. Cette réunion m'a beaucoup rassurée et j'ai commencé à me détendre. J'ai eu un échange avec l'enseignant ULIS qui est épaulé par l'enseignante spécialisée. Il s'est détendu aussi et mon petit garçon l'aime beaucoup. Le maître commence à bien lui rendre aussi, il a compris qu'il fallait rassuré mon enfant pour qui c'était un changement énorme dans sa vie (depuis mon mari arque un peu les sourcils car il trouve que le maître cherche un peu trop ma compagnie maintenant.... Vous me voyez levé les yeux au ciel?). La directrice de l'école est très réactive et mon fils trouve en elle du réconfort aussi. De nombreuses fois le matin, c'est elle qui lui prenait la main pour l'aider à entrer dans l'école. Elle a même autorisé exceptionnellement qu'il emporte un gros doudou avec lui... Elle lui a aussi réservé une place avec elle à la cantine le midi pour qu'il prend confiance en lui. Le SESSAD intervient beaucoup à l'école et j'ai toujours des retours, je me sens épaulée, écoutée et soulagée. Ensemble, tous ensemble nous allons y arriver. Et finalement nous savons que nous avons choisi la bonne école, il fallait juste un temps d'adaptation pour tout le monde.
J'ai promis à mon enfant qu'il allait finir par s'habituer. Les pleurs ont cessé la semaine avant les vacances. Il ne voulait même pas entendre le mot "école". Il s'inquiétait déjà la veille pour le lendemain. Je lui ai répété sans cesse qu'il était fort, que nous étions fiers de lui, qu'il allait y arriver, que je serais là à chaque fin de journée, qu'il avait son éducatrice, sa psychomotricienne, l'enseignante spécialisée avec lui à l'école. Que tous les enfants ne sont pas méchants, la preuve en est que certains viennent le chercher quand on arrive devant l'école pour l'encourager à entrer. Peu à peu il s'est décroché de ma jambe. Je dois encore attendre avec lui avant qu'il se lance, on va à son rythme. Son enseignant ULIS vient même aussi jusqu'à la porte car nous avons vu que cela rassure mon fils qui finit donc par me laisser partir pour aller prendre la main de son maître. Il commence même à aller jouer avec certains autres enfants.
Mon quotidien a changé comme pour mon fils. J'ai du mal avec le changement. Mais le temps fait son travail. Je commence depuis peu à apprécier cette liberté que je retrouve un peu, ne plus devoir courir à droite et à gauche pour les rendez vous puisque les professionnels vont à l'école ou viennent à la maison maintenant. Le midi j'ai des têtes à tête avec ma fille, la seule qui peut encore revenir à la maison à la pause méridienne (même si elle va quand même à la cantine un midi dans la semaine). Mon mari rentre aussi beaucoup plus souvent le midi si son chantier n'est pas trop loin.
Je commence à retrouver une routine, ne plus tourner en rond. Mes journées ne sont plus sans but et je ne me stresse plus pour mon enfant. Certains me diront que c'est de ma faute si mon fils l'a mal vécu. Je l'ai pensé aussi. Mais le SESSAD m'a rassuré autant que mon enfant. Que je sois stressée ou pas, mon fils vivait aussi quelque chose de nouveau et il n'était pas étonnant que cela ne soit pas aussi facile, surtout après l'épisode avec la méchanceté des enfants (qui ont entendu la directrice très en colère) et tout le passif médical de mon enfant qui a donc beaucoup été habitué à n'avoir maman qu'avec lui.
Je ne suis pas encore pleinement satisfaite de mes journées, j'ai encore des ratés mais je me sens mieux et encore plus quand je sens que c'est aussi le cas pour mon fils et je suis tellement contente de le récupérer avec le sourire et le cartable plein de feuilles d'automne lol.
Je respire, j'essaie de me connecter à la nature, de prendre du temps pour moi, d'être productive aussi et de devenir fière de moi. Retrouver un peu de paix, laisser passer un jour après l'autre et ne pas vouloir regarder trop loin dans l'avenir, ne plus me questionner si je fais les bons choix ou pas.
C'est l'automne "la préférée saison de maman" comme dit mon petit. Alors j'accueille cette saison comme j'aime le faire.
Ambiance cosy, bougies, la pluie contre la vitre, les promenades dans la nature dans toute cette belle palette de couleur.... les odeurs, l'ambiance.... (mon fils, cette année, y est très sensible aussi et n'a jamais autant réclamé les promenades dans la forêt, il faut bien qu'on marche un peu, devoir prendre la voiture tous les jours c'est vraiment le seul point noir au final).
On profite de ses vacances pour se ressourcer. Mon enfant m'a fait rire malgré lui, il a tant pleuré pour ne pas aller à l'école, il avait tellement attendu les vacances en comptant les jours, et voilà qu'en ce début de repos il m'a dit être triste de ne plus voir son maître et qu'il voulait retourner à l'école. Je prends cela comme un joli signe d'acceptation. Je croise juste les doigts qu'à la rentrée il ne changera plus d'avis et que nous devions recommencé avec patience encore une fois tout le travail que nous avons fait pour qu'il se sent apaisé à son tour et accueille son nouvel environnement.
Si moi j'y arrive alors il y arrivera !!!
J'espère pouvoir reprendre mon rythme ici, je reviens donc sur la pointe des pieds, j'ai envie d'écrire à nouveau, de partager des choses avec vous, que je sois lu ou non.
Merci à ceux qui passent encore par ici. Je vais essayer de me trouver du temps aussi pour venir vous lire (je vous l'ai dit je suis pas encore à 100 % dans la reprise de mes marques)
Dites moi chez vous comment se passe cet automne 2025....
A très vite